Tiers-lieux et télétravail

Être une start-up, c’est être à la pointe, c’est à dire exploiter toute la puissance du cloud avec des services tels que Google Docs, Dropbox ou encore Slack. Toutes ces applications permettent d’abandonner le concept de bureau.

Pourquoi? Parce qu’elles permettent de réduire les coûts et de gagner du temps en éliminant l’essentiel des contraintes habituelles des entreprises tels que la location de locaux, les emails inutiles, les réunions chronophages et les déplacements contraignants. A l’inverse, elles permettent de profiter d’une grande liberté créative en libérant les collaborateurs des contraintes horaires.Comment travailler en équipe sans bureau?

L’évolution technologique permet à un simple ordinateur portable d’être en mesure de servir d’ordinateur principal pour la majorité des situations. Aussi les 2 aspects les plus importants à la réussite d’une entreprise sans bureau sont la communication et la confiance.

La confiance n’est pas une chose aisée, mais dans une petite structure, tout le monde se connaît bien et a suffisamment de passion pour son métier pour ne pas se reposer dès que personne ne le regarde.

La communication se fait au travers des avancées technologiques telles que Skype ou les vidéo conférences. Mais surtout au travers de réunions régulières des membres de l’équipe dans des «tiers-lieux» appropriés au nombre de personnes à réunir.

Des économies substantielles

La réduction des coûts liés à l’immobilier permet d’investir ces sommes dans des domaines beaucoup plus pertinents pour le développement de l’entreprise, tels que la R&D ou l’achat de solutions technologiques, investissements qui permettent à l’entreprise de rester à la pointe.

Cette réduction de coût permet également d’améliorer les marges de l’entreprise tout en offrant une qualité de services optimale à ses clients.

Des clients à éduquer.

Cette nouvelle façon de travailler peut surprendre les clients de l’entreprise, surtout les plus grandes structures. Mais il est facile de leur faire comprendre que leur argent est bien mieux utilisé s’il est dépensé dans le cadre de leurs projets plutôt que dans des locaux dont ils n’ont aucun usage.

De plus, l’organisation de réunions dans des tiers-lieux de grande qualité les changent de leurs très classiques bureaux, ou de ceux de votre concurrence.

Les tiers-lieux offrent une coupure avec le monde du travail. Ce qui rend les réunions beaucoup plus productives car loin des interruptions habituelles (téléphone, interruptions inopinées des collaborateurs…

Qui sont les Mo-Pro?

Mo-Pro est l’abréviation pour “Mobile Professionnal”. Un travailleur en col blanc passe au moins 50% de son temps en dehors de son bureau et manifeste généralement une addiction à son ordinateur et à son smartphone.

Depuis toujours, il existe des métiers qui nécessitent de travailler loin de son bureau. Les commerciaux en sont la parfaite illustration. Ce qui a changé avec la révolution numérique, c’est leur rapport au bureau “physique” : si autrefois, il leur était indispensable de revenir régulièrement au bureau, les nouvelles technologies leur permettent de rester en contact avec le reste de l’équipe, et cela où qu’ils se trouvent.

Dès lors, tous les lieux disposant d’une connexion internet et d’un environnement propice peuvent être considérés comme un bureau occasionnel.

La technologie et notamment le cloud ont également accordé la mobilité à de nombreuses professions. C’est le cas notamment des professions en lien avec les directions des entreprises, à dimension intellectuelles ou technologiques.

L’autre facteur favorisant le développement des Mo-Pro est générationnel : l’arrivée sur le marché du travail des générations dites “digital natives”. Ces générations ont pris l’habitude de travailler en nomade à partir d’endroits confortables et sociaux, tel que les établissements Starbucks.

Ce phénomène est particulièrement observable en Amérique du nord et en Asie à l’abord des universités, où les cafés sont véritablement pris d’assaut par les étudiants.

Les cafés des villes sont quant à eux occupés par des freelances, et les salariés des bureaux voisins.

Parmi les Mo-Pros il est possible de distinguer différents types de clientèle, du simple étudiant au consultant international.

L’étudiant

Il recherche un endroit calme mais convivial afin d’être à l’aise pour rédiger son prochain devoir, mémoire, thèse… Loin de la formalité de son université, mais également loin de l’inconfort de son (petit) logement ou des distractions de sa colocation.

Le Freelance

C’est un travailleur indépendant exerçant généralement une profession intellectuelle et créative. Il travaille souvent de chez lui, mais ce n’est pas toujours l’endroit idéal pour rester concentrer. Entre le manque de motivation, la procrastination, la solitude et les nombreuses distractions que peuvent générer une famille, il cherche un endroit calme et inspirant, où il pourra croiser du monde, et potentiellement ses pairs.

Il existe une variante du freelance : «le digital nomad».

C’est une variante du freelance qui travaille quasi-exclusivement à partir de tiers-lieux. Il a en effet choisi de voyager tout en continuant à travailler. Son bureau, c’est le monde entier. Les blogueurs, mais également les grands reporters, entrent dans cette catégorie.

Le Consultant

C’est un professionnel expérimenté qui voyage potentiellement beaucoup, et les nouvelles technologies lui permettent de se passer de bureau.

Mais ce qu’il recherche avant tout est un lieu “neutre”, lui permettant de rencontrer ses clients dans les meilleures conditions possibles, que ce soit pour ses rendez-vous de prospection ou ses premiers rendez-vous commerciaux, avant même d’aller effectuer ses prestations chez le client, ou pour des rendez-vous « de production » tel que des séances de coaching.

Le chef d’entreprise

Sa typologie est très similaire à celle du consultant. Ses principales motivations quant à l’utilisation d’un tiers-lieu sont généralement le rendez-vous avec un client ou avec un consultant. Il est parfois amené à rechercher un endroit où il pourra s’isoler de la pression quotidienne de son entreprise.
 Le consultant et chef d’entreprise font aussi souvent usage des tiers-lieux comme d’une solution de repli en cas d’impondérables temporels (rendez-vous annulé, attente d’un train, etc…)


Qu’est-ce qu’un tiers-lieu ?

Un tiers-lieu se défini comme un espace social ne faisant ni partie de la sphère privée, ni de la sphère professionnelle.

J’ai choisi d’affiner cette définition en me concentrant sur les tiers-lieux pouvant réellement faire office de lieu de travail. Que ce soit pour un travail “productif” face à un écran ou un travail “commercial” dans le cadre d’un business meetings.

De plus, je pense qu’un tiers-lieu se doit d’être facile d’accès et qu’il ne doit pas nécessiter de préparation particulière pour en avoir l’usage.

Ainsi les bureaux à la demande et les salles de réunions ne peuvent pas être considérés comme des tiers lieux. Mais plutôt comme des espaces de travail temporaires. Ils nécessitent en effet un minimum de préparation pour en avoir l’usage, ne serait-ce qu’au travers de la réservation.

“ Les Tiers-Lieux sont des espaces qui existent entre le formalisme et le sérieux de la sphère du travail et le caractère familial et intime de la sphère privée. Ils sont propices aux conversations informelles et amicales, les clients y expérimentent une camaraderie, un sens de la communauté et de l’engagement social réconfortants. ”
Ray Oldenburg, père du concept

Starbucks : Le concept de Tiers-Lieu comme clé de voute du système

Oldenburg précise que l’environnement commercial va à l’encontre du concept de tiers-lieu. L’exploit de Starbucks est donc d’avoir transformé cette contradiction en manne marketing.

“ Nous avons changé la façon dont les gens vivent leur vie, ce qu’ils font quand ils se réveillent le matin, comment ils se font plaisir, et où ils se rencontrent. ”
Orin Smith, PDG de Starbucks (2000–2005)

Starbucks a standardisé le concept de tiers-lieu et l’a déployé à grande échelle. De la musique, des ingrédients nouveaux, des journaux et des revues prestigieuses : le consommateur est plongé dans un monde artistique, politique, ou dans le monde des affaires. Tout est fait pour qu’il engage la conversation.

Grâce à ce concept, Starbucks est devenu au café ce que MacDonald’s est au fast-food : une référence mondialement connue. Les deux chaînes sont des archétypes, ce qui leur confère un avantage concurrentiel majeur.

Mais à la différence des clients de MacDonald’s, les consommateurs qui vont chez Starbucks y recherchent une expérience, et pas simplement de la nourriture. Même si au final, c’est bien avec un café qu’ils repartent, c’est le désir de vivre cette expérience qui les fait choisir d’aller chez Starbucks.

“Notre métier n’est pas de faire du café et de servir les gens, c’est d’abord de servir les gens, en leur offrant du café ».
Howard Schultz, fondateur de Starbucks

Une mise en condition nécessaire pour payer un café x euros

L’objectif de Starbucks, par le biais du concept de tiers-lieu, est de créer un lien de proximité avec le consommateur qui se sent « presque comme chez lui ». En principe, on a en effet tendance à revenir très souvent « chez soi ».

En outre, le consommateur est ainsi psychologiquement préparé à payer très cher son café et ses cookies : « je me sens bien donc je paie » ou « je me récompense avec ce petit plaisir ».

Et cela fonctionne si bien que Starbucks prospère par l’effet combiné de la distinction sociale que confère la consommation de ses produits (« je suis trop cool, je vais chez Starbucks ») et du bouche à oreille.